Virginie Ducable (EDHEC Master, 2008), cofondatrice de NEUROO

Publié le 03/06/2020
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Qui êtes-vous ? 

Virginie Ducable, 36 ans, Réunionnaise d’adoption et normande de cœur !

EDHEC 2008, majeure Entrepreneurship. Après un passage par Bruxelles et Lexus Europe pour mon stage de fin d’études, je m’installe 8 ans sous le soleil de la Réunion sur des postes de Key Account Manager (Colgate Palmolive), puis de Brand Manager sur la zone Afrique de l’Ouest (Philip Morris International). Début 2018, le retour dans le froid métropolitain de ma région natale et la décision de donner un nouvel élan à ma carrière professionnelle. J’intègre le CESI Ecole d’ingénieurs en avril 2019 pour un master spécialisé en gestion de projet. Grâce au format en alternance j’ai l’opportunité de rejoindre REDLab, une jeune ESN (Entreprise du Service Numérique) normande qui éveille tellement ma curiosité pour les nouvelles technologies et l’innovation que j’en suis un an plus tard passionnée !

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots comment est né votre projet ?

Le projet d’innovation NEUROO est né d’une envie au sein de l’équipe de lancer notre premier produit alors que nous travaillions jusqu’ici en mode ESN . Après de nombreux brainstormings, nous sommes partis sur l’idée d’une plateforme d’applications basées sur les capacités de reconnaissance de l’intelligence artificielle, une technologie sur laquelle nous travaillons déjà depuis plus d’un an.

Décrivez-nous votre entreprise :

NEUROO est une plateforme de solutions basées sur l’intelligence artificielle. Les premières applications sont destinées à accompagner les entreprises et les collectivités dans leur gestion de la période post-confinement. Dans une démarche solidaire et afin de participer à notre manière à l’effort national de reprise nous mettons gratuitement à disposition des collectivités normandes une application permettant de gérer la détection d’absence du port de masque dans les zones à forte densité dans un but statistique (conformité RGPD – anonymat respecté) et pédagogique. D’autres développements liés à la reprise sont en cours : mesure de la distanciation physique, gestion automatisée des accès... L’objectif de NEUROO est d’adresser les multiples opportunités liées aux capacités de reconnaissance et d’analyse de l’intelligence artificielle : gestion du parcours consommateur en magasin, reconnaissances de situation à risque, analyse prédictive...

Les applications et cas d’usages possibles n’ont de limite que notre imagination ! Potentiellement, NEUROO peut s’adresser à tous les secteurs : la surveillance nous vient en premier à l’esprit, la grande consommation, la santé… Nous sommes actuellement 6 personnes mobilisées sur le projet et nous avons pour ambition de recruter à court / moyen terme sur des postes de data scientists ou développeur pour développer de nouvelles applications. Nous défendons avec cette solution une innovation 100% normande et donc 100% française, un argument que nous pensons critique dans un environnement numérique où la souveraineté nationale est un enjeu essentiel. Conserver une expertise locale dans les domaines technologiques d’aujourd’hui, et encore plus de demain, nous tient à cœur dans ce projet.

Quel premier bilan tirez-vous de cette aventure entrepreneuriale ?

Depuis le début du confinement, nous travaillons conjointement au développement des applications, au démarchage et à la communication sur notre produit. C’est une aventure humaine et technologique très riche et les premières retombées sont très positives, notamment sur la région normande, à laquelle nous sommes tous très attachés. Co-founder et CMO de NEUROO, je m’occupe plus particulièrement des aspects vente et marketing du projet, mais l’aventure reste celle avant tout celle d’une équipe. L’entraide et la solidarité sont des valeurs essentielles. Dans un contexte aussi incertain mais aux multiples opportunités, il est important pour nous de garder cet état esprit. C’est aussi pour cette raison que pour participer à l’effort collectif de reprise, nous avons tenu à avoir une démarche solidaire en proposant la mise à disposition gratuite de notre solution aux collectivités de la région normande.

Le lancement du produit est récent, l’accueil auprès des clients est déjà très bon : chaque bonne nouvelle nous apporte une immense fierté en tant qu’équipe autant que chaque « mauvaise » nouvelle nous rebooste pour la suite et nous pousse encore plus à nous dépasser. 

Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes entrepreneurs ?

Ne jamais renoncer à croire en son rêve. J’aime à citer sur le sujet Winston Churchill « Success is not final, failure is not fatal: it is the courage to continue that counts ». On a souvent des doutes, mais il ne faut jamais se décourager. Il faut se réjouir de pouvoir apprendre tous les jours de cette formidable expérience qu’est l’entrepreneuriat.

Quelles sont les prochaines étapes de votre entreprise ?

Nous sommes encore au début de l’aventure NEUROO. Après les premiers déploiements de la solution, nous pensons déjà à la suite des développements. NEUROO n’a jamais eu vocation à n’être qu’une application de détection de port du masque, mais nous permet de montrer notre maîtrise des capacités techniques de reconnaissance de l’IA. Nous travaillons conjointement sur la distanciation et sur l’étude des comportements qui ouvrent de beaux cas d’usage (protection et sécurité des usagers, analyse du parcours consommateur...). Notre ambition est à terme de pouvoir adresser les 5 sens. Nous avons commencé par la vue, mais nous voulons aller beaucoup plus loin et surtout travailler sereinement avec le cadre légal.

Avez-vous des attentes vis-à-vis de la communauté des Alumni ?

Le réseau EDHEC est une formidable source de rencontres et d’opportunités : échanger sur le projet NEUROO, par curiosité ou pour une application plus concrète, profiter de l’expérience d’autres entrepreneurs et évidemment créer de la visibilité sur un projet auquel je suis très fière de participer en tant qu’ancienne EDHEC.

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