Aloïs Blin (EDHEC Master 2010), avocat en droit pénal des affaires

Publié le 25/08/2020
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Quand on évoque le Programme Grande École, on a tendance à oublier la diversité des profils qui l'intègrent. Passé par les bancs de la faculté de droit avant son entrée à l'EDHEC, Aloïs Blin (EDHEC Master 2010) fait partie de ces Alumni dont le parcours académique a ouvert des fenêtres sur le monde. Il est désormais avocat spécialisé en contentieux, droit pénal des affaires et responsabilité des produits de santé, et défend notamment l’agence de sécurité du médicament dans l’affaire du Mediator.

Quelles sont tes responsabilités actuelles ?

J’ai rejoint le cabinet Courrégé-Foreman en qualité de Counsel en juin dernier. C’est une structure de niche intervenant sur des contentieux complexes en droit pénal des affaires et en droit commercial. J’ai travaillé auparavant dans d’autres cabinets, notamment chez FTMS aux côtés du Bâtonnier Pierre-Olivier Sur.

Parle-nous de ton parcours : quels sont les choix ou événements clés qui ont guidé ta progression, à l’EDHEC puis après ? 

Après quatre années à la faculté de droit de Paris V, j’ai rejoint l’EDHEC en admission parallèle. J’ai ensuite obtenu un Master 2 en droit des affaires en partenariat avec l’École, puis le CRFPA la même année que mon diplôme. Ma première expérience en cabinet durant l’année de césure ne m’a pas convaincu. J’étais en stage dans le département M&A d’une structure anglo-saxonne de premier plan, mais je n’ai pas éprouvé d’intérêt particulier pour ce métier. Je dis « ce métier » à dessein car il y a tellement de manières différentes d’exercer la fonction d’avocat ! C’est essentiel de le rappeler car les étudiants ne le savent pas nécessairement. C’est finalement à la suite de mes stages à la cour d’appel de Paris et au sein du cabinet Soulez Larivière que j’ai découvert le contentieux, en particulier l’audience. Ce goût pour l’argumentation et l’oralité ne m’a pas quitté depuis.

Pourquoi t’es-tu orienté vers le droit après l’EDHEC ?

Pour ma part, j’ai rejoint l’EDHEC après la fac de droit. Et paradoxalement, l’école a été une formidable opportunité de me « réconcilier » avec la matière. L’enseignement d’autres disciplines m’a en effet permis de donner du sens à l’analyse juridique et d’acquérir une vision globale de la vie des affaires. Par ailleurs, la concurrence est rude dans les cabinets et il est évident que je n’aurais pas pu réaliser le même parcours sans l'EDHEC sur mon CV.

Ton impact sur les enjeux sociétaux et environnementaux : quelles sont les défis actuels, défis à venir et réussites dont tu es le plus fier ?

Je travaille aujourd’hui pour le compte de grandes sociétés et de personnes fortunées. Mais je conserve une part de clientèle pro bono pour certaines affaires. Mon cabinet intervient notamment aux côtés de victimes de crimes contre l’humanité.

Démarche réseau : le réseau EDHEC Alumni t’a-t-il été ou t’est-il utile aujourd’hui ?

J’ai participé à des conférences, mais pour le moment mes contacts avec les anciens EDHEC sont surtout amicaux.

EDHEC Alumni, ça t’évoque quoi ?

C’est une ressource précieuse et je compte m’y impliquer prochainement.

Penses-tu qu’avoir un réseau professionnel est important aujourd’hui ? 

C’est fondamental. L’avocat est un auxiliaire de justice, mais également un prestataire de service. Sans réseau, l’exercice de la profession est tout simplement impossible.

Tu défends l’agence de sécurité du médicament dans l’affaire du Mediator. Quels sont les soft skills, valeurs et enseignements appris à l’EDHEC qui te servent dans cette affaire ou dans ta carrière en général ?

Ce procès hors norme (plus de 7 mois d’audience, plus de 3500 victimes, près d'un milliard d’euros réclamés…) a été la plus riche expérience de ma carrière. J’ai eu la chance d’évoluer aux côtés de grands ténors du barreau et d’apprendre. Sans hésiter, j’en retiens la nécessité absolue d’essayer de se mettre à la place de l’autre. Comprendre son état d’esprit et ses émotions. Je prends l’exemple des interrogatoires à l’audience : même avec le meilleur argumentaire qui soit, si votre ton ou votre « non-verbal » n’est pas adapté, le résultat peut être catastrophique ! Le témoin, l’expert ou la victime pourra (inconsciemment parfois) répondre de manière très défavorable pour des raisons qui ne sont pas liées aux éléments objectifs du dossier.

L’EDHEC a, dans sa stratégie, l’ambition de former des profils hybrides (double diplômes) et notamment dans le droit avec l’EDHEC Augmented Law Institute. Quels avantages/différences avais-tu en sortant de l’EDHEC par rapport à d’autres diplômés en droit (fac de droit) ? Quel est l’avantage d’un profil « hybride » aujourd’hui dans ton domaine d’activité ?

Cela apporte une double culture et des qualités désormais indispensables pour réussir sa carrière. Car s'il faut maîtriser parfaitement sa matière, cela ne suffit pas. Un bon technicien du droit peut s’avérer être un mauvais avocat s'il n'a pas développé d'autres compétences, à l'instar des soft skills.

Quel est ton meilleur souvenir de l'EDHEC ?

C’est plutôt un constat, à savoir la diversité des parcours au sein d’une même école. C’est une grande richesse.

Quels conseils peux-tu donner aux étudiants ou jeunes diplômés qui souhaitent prendre la même voie que toi ?

Aller voir des audiences au tribunal ! C’est la meilleure (et gratuite) porte d’entrée pour découvrir le métier.

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