Choisir une carrière pour son impact social. Interview d'Aymeric Chevreux, EDHEC 2016, Business Development manager chez Isahit

Publié le 26/11/2020
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« Les jeunes diplômés préfèrent choisir un premier job qui a du sens pour eux plutôt que la promesse d'une carrière, si elle est assujettie à des compromis sur les valeurs. » Ainsi se concluait l’une des récentes études de l’EDHEC NewGen Talent Centre.

Aujourd’hui nous allons à la rencontre d’un de ces diplômés engagés : Aymeric CHEVREUX, EDHEC Master 2016. Tout juste diplômé, Aymeric se lance dans l’aventure entrepreneuriale avec un projet socialement engagé. Deux ans plus tard, il l’interrompt pour rejoindre la société Isahit en tant que Business Development manager, une jeune entreprise dans laquelle il a retrouvé l'esprit entrepreneurial et l'envie d'avoir un impact social positif au quotidien. Depuis cette plateforme de « Jobbing socialement responsable » est en plein développement.

 

Parle-nous d’Isahit.

Isahit est née il y 4 ans avec la volonté de montrer qu’entrepreneuriat et action sociale ne sont pas incompatibles. L’objectif est de prendre le contre-pied de ce que l’on entend habituellement sur les micro-tâches digitales -que l’on appelle parfois « travail du clic »- : toutes les tâches simples et répétitives qui doivent être traitées manuellement sur un ordinateur : recherches en ligne, modération de contenu, annotation de données pour les algorithmes d’intelligence artificielle, rédaction de fiches produit, retranscription de factures… 

Au lieu d’exploiter des gens en les sous-payant, nous utilisons ces projets pour donner du travail à de jeunes femmes de pays émergents qui n’auraient pas pu y avoir accès, dans le but de lutter contre la pauvreté, de les former au digital, et de les accompagner dans la réalisation de leurs projets de vie. Ce complément de revenu est 10 fois supérieur au seuil de pauvreté, et limité à un mi-temps afin qu’elles gardent de la place pour leurs études, le démarrage de leur entreprise, ou tout autre projet qu’elles souhaitent développer grâce au travail accompli avec Isahit.

De 8 personnes il y a deux ans à mon arrivée, nous sommes aujourd’hui une petite vingtaine. La croissance se fait à notre rythme, pour garantir de ne pas dénaturer l’impact social du projet. 

En terme commercial, comme notre champ d’action est extrêmement large et varié, nous travaillons avec des entreprises de toutes tailles, et de tous les secteurs. De nombreuses entreprises du CAC40, comme Sodexo, L’Oréal, ENGIE, ou encore Airbus, mais également des ETI comme ManoMano et Manutan, ou bien d’autres startup, dont certaines co-fondées par des EDHEC, comme Sicara et Murfy.

 

Qu’est-ce qui t’a motivé à embarquer dans cette aventure ?

Lors de ma recherche d’emploi à mon retour en France, le champ des possibles était assez large. La formation reçue à l’EDHEC étant généraliste, elle permet d’ouvrir de nombreuses portes. Je n’avais alors pas vraiment d’idée du métier que je voulais faire, mais j’étais au clair sur certains autres points : je voulais travailler dans un domaine tech, pour une entreprise qui ait un fort impact social, et de préférence une startup ou PME afin d’avoir des responsabilités, et de pouvoir mesurer chaque jour l'impact de mon travail.

J’ai trouvé l’offre d’Isahit sur le site Welcome to the Jungle, et le projet m’a vraiment plu. J’ai beaucoup accroché avec les équipes lors de mes entretiens, et j’ai eu la chance d’arriver au bon moment : l’entreprise n’en était qu’au début de l’aventure, mais le modèle avait fait ses preuves, et c’était donc des challenges d’accompagnement de la croissance qui allaient arriver, ce que j’ai trouvé extrêmement stimulant.

Un autre point qui a été décisif est l’ensemble des mesures en place pour garantir l’impact social. J’ai été convaincu qu’il ne s’agissait pas simplement d’un enrobage de communication pour mieux vendre, mais d’une vraie démarche sociale : transparence sur le business modèle, pourcentage du chiffre d’affaire dédié à l’aide à la communauté, salaires largement supérieurs aux minimas légaux, partenariats avec des acteurs locaux, offre de formation… L’entreprise est également accompagnée par un cabinet d’audit indépendant spécialisé sur l’impact social, délivrant un rapport annuel qui nous permet de sans cesse nous remettre en question et nous pousse à améliorer constamment notre impact qui représente le cœur de la société.

 

As-tu des conseils pour les diplômés qui voudraient postuler dans des entreprises à fort impact social ?

L'économie Sociale et Solidaire est un écosystème assez riche, en plein développement, et surtout en foisonnement constant : les entreprises sont souvent en lien les unes avec les autres et de nombreux évènements leur permettent de se retrouver et de réfléchir ensemble aux problématiques de la société et aux réponses à y apporter, comme le salon ChangeNOW, Produrable, ou bien les Universités d’Été de l’Économie de Demain. Des réseaux aident à créer encore plus de liens, comme Makesense ou encore La Ruche.

A mon sens, il est assez facile, et surtout très apprécié, de mettre un pied dans cet écosystème, que ce soit via un investissement associatif, en participant à ces évènements, en prenant contact avec les bonnes personnes… D’ailleurs, il ne faut pas hésiter à utiliser le réseau EDHEC Alumni pour se renseigner et s’informer ! Rien ne vous sera dû, mais cela facilitera grandement la prise de contact, ensuite, à vous de faire le reste.

 

Une première expérience est-elle requise ?

Comme dans tout métier, une première expérience est forcément valorisée, et apporte indéniablement un avantage à la candidature. D’autant plus si elle est mise en avant de la bonne façon.

Mais il y a mille façons d’avoir une première expérience ! Cela peut être, comme dans mon cas, un projet entrepreneurial -abouti ou non-, qui sera le témoin d’une motivation à travailler dans un domaine à impact, d’un esprit d'initiative et de prise de risque. Cela peut passer par de précédents stages effectués dans ces domaines, par un engagement, qu’il soit personnel ou associatif…

L’ESS est en général un univers assez bienveillant, et une tête bien faite, ainsi qu’une grande motivation peuvent y être suffisants pour pouvoir y décrocher un premier emploi.

 

Tu t’impliques par ailleurs dans plusieurs actions au sein du réseau EDHEC Alumni. Peux-tu nous en parler ?

Effectivement, j’essaye de garder un lien avec cette communauté qui est riche de sa diversité, et qui peut nous apporter autant que ce qu’on peut lui offrir.

Je me suis inscrit comme EDHEC Ressource suite à l’appel lancé lors du premier confinement, afin de pouvoir proposer mes compétences aux membres du réseau à qui elles pourraient bénéficier pendant ces périodes compliquées.

Je me rends tous les ans à l’EDHEC Rendez-Vous, qui est un évènement fantastique pour garder ce lien avec notre école, même lorsqu’il est organisé à distance comme cette année.

Et puis évidemment, j’essaye de partager autant que possible nos offres de stages et d’emplois sur les réseaux EDHEC, que ce soit la plateforme Jobteaser ou bien les différents groupes facebook dédiés. Je n’ai pas encore intégré d’EDHEC à notre équipe mais je garde espoir : on a des offres vraiment intéressantes !

 

Cet été EDHEC Alumni a fait appel à Isahit pour de la complétude de base de données. Quel a été le bilan social de cette opération ? 

Pour mener à bien sa mission de fédérer le réseau EDHEC, l'association EDHEC Alumni doit veiller à la fraîcheur des données renseignées par les diplômés sur leur profil. Cela représente des dizaines de milliers de personnes dont les informations évoluent potentiellement chaque année.

Isahit a donc formé et missionné des jeunes femmes de pays émergents pour réaliser une veille sur les réseaux sociaux professionnels afin de valider la qualité des informations présentes sur le site EDHEC Alumni.

Grâce à ce projet, nous avons pu former et fournir un complément de revenu à 7 jeunes femmes, et bancariser 4 nouveaux membres de notre communauté. L’argent gagné va servir à financer leurs projets d’étude ou d’entrepreneuriat, comme celui de Murielle, qui souhaite démarrer une entreprise spécialisée dans l'aménagement de locaux et d'appartements. 

 

En savoir plus sur Isahit et Aymeric Chevreux :

Vous pouvez retrouver toutes les informations sur isahit sur notre site internet www.isahit.com. Nous sommes évidemment joignables sur LinkedIn, sur Facebook, et sur Twitter (@isahitcom).

Si vous souhaitez me contacter directement, vous pouvez passer par LinkedIn, ou m’écrire à l’adresse aymeric.chevreux@edhec.com !

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